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Bienvenue sur le site de Lizzie Crowdagger, écrivaine lesbienne de nouvelles et romans fantastiques.

Vous trouverez ici des informations sur mes textes publiés, mes projets en cours, ainsi qu'un certain nombre de nouvelles et de romans à télécharger gratuitement.

Dernières parutions :

Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires)

Deux meufs, une moto, un fusil, un chat et des flammes

Pour l'instant uniquement disponible en version papier pour le prix de 12€.


Derniers articles :

jeudi, janvier 19 2012

On ne peut pas faire confiance aux démons

On ne peut pas faire confiance aux démons est une nouvelle fantastique impliquant les personnages d'Alys (que vous pouvez notamment retrouver dans Créatures de rêve) et Lev, qui ont toutes les deux été appelées pour pratiquer un exorcisme.

À l'origine, cela devait être la scène d'introduction pour un roman, ce qui explique peut-être le caractère légèrement inachevé de la chose. Quoiqu'il en soit, vous pouvez télécharger ce texte :

ou, tout simplement, le lire ci-dessous.


Les deux parents nous regardaient, l’air plein d’espoir, tandis que le psychiatre semblait beaucoup plus méfiant. Enfin, tout ce monde-là regardait surtout Alys, ma « partenaire » ; moi, ils ne m’avaient pas trop calculée depuis que j’étais entrée. Il faut dire qu’elle avait fait des efforts pour être impressionnante : ses cheveux blonds et courts étaient peignés presque correctement et elle avait enfilé sa panoplie complète de sorcière gothique, avec blouson en cuir noir qui lui descendait jusqu’aux chevilles, corset noir, longue robe noire, et bijoux occultes en veux-tu en voilà. À côté de ça, avec mon jean et mon débardeur, je paraissais sans doute insipide.

Moi, je m’appelle Lev ; ça vient de Leviathan, le gros serpent des mers ou la grande bête de l’apocalypse, au choix. Pas le petit truc, en tout cas, ce qui me correspond plutôt bien. Je suis en effet plutôt imposante, que ce soit au niveau de la taille ou du poids.

J’ai une dégaine de gouine assez caricaturale : cheveux tondus, à l’exception d’une mèche plutôt fashion, piercing à l’arcade, goût assez prononcé pour le couple treillis/rangers. Cela dit, j’ai quand même les ongles vernis ; en noir, quand même, faut pas déconner. Au moins, cet après-midi, ça me permettait de correspondre un tout petit peu au dress-code sorcellerie gothique.

La plupart des gens disent que je suis masculine, mais je préfère le terme butch, qui vient du mot américain butcher — boucher, en français — qui était à l’origine utilisé pour dénigrer les lesbiennes trop visibles, à la façon de notre « camionneuse » local.

Cela dit, je suis plus portée sur les gros calibres que sur les fendoirs, et je préfère les motos aux camions.

« Vous avez fait ce genre de, euh, choses, n’est-ce pas ? » a demandé le père avec un air hésitant.

Il avait une quarantaine d’années, à peu près le même âge que sa femme, qui était assise dans un canapé à côté de lui. Couple petit-bourgeois moyen, bien assorti avec leur maison proprette située dans un quartier résidentiel.

J’ai jeté un coup d’œil à leur décoration. Rien de bien original : des meubles en bois massif, fauteuils et canapé en cuir, télévision seize neuvième à écran plat. Pas mal de valeur, mais rien de facile à trimballer, en a conclu mon instinct de cambrioleuse. Cela dit, on n’était pas venues pour ça.

Si on était là, Alys et moi, c’était plutôt à cause du petit dernier de la famille, un ado d’une quinzaine d’années dont quelques photos traînaient sur les murs, et dont les parents avaient fini par se persuader qu’il avait besoin d’un bon exorcisme. Ce dont le psychiatre, qui avait tenu à être présent, ne paraissait pas du tout convaincu.

« Oui, a fait Alys en sortant une cigarette. Étant donné le caractère peu courant de ce genre... d’opérations, je pense même être en mesure de dire que je fais partie des personnes les plus qualifiées dans le domaine. Je peux ? »

Elle montrait sa cigarette d’un air interrogateur, puis l’a allumée en voyant que personne n’avait l’air se s’y opposer explicitement.

« Comme je l’ai expliqué à monsieur et madame Delese, a commencé le psychiatre, je pense que, si Laurent est persuadé d’être possédé par... un démon, ou quelque chose, appelez cela comme vous voulez, pratiquer une sorte de... rituel... pourrait apporter des résultats. C’est une forme de suggestion, évidemment, mais...

— Question de perpective, je suppose, a fait Alys en hochant la tête.

Cependant, a repris le psychiatre, certains, hum, de vos confrères peut-être moins scrupuleux pourraient abuser de ce genre de situation en pensant avant tout à leurs revenus et pas au bien être du patient, si vous voyez ce que je veux dire ? »

Mon amie a soufflé sa fumée, puis a arboré un petit sourire carnassier.

« J’en suis bien consciente. Vraiment rien à voir avec les psys, évidemment. »

La mère, quant à elle, et contrairement aux deux hommes présents dans la pièce, s’était mise à me regarder avec un air interrogateur.

« Et vous, a-t-elle demandé, quel est votre rôle, exactement ?

— C’est mon assistante, a expliqué Alys.

— Partenaire », ai-je corrigé.

On s’est regardées une fraction de seconde, ma « partenaire » et moi, puis elle a haussé les épaules.

« Partenaire en général, a-t-elle admis, mais assistante dans ce cas particuler. Parce que tu ne fais pas d’exorcisme, hein, Lev ? »

J’allais protester que j’étais sûre d’être capable de le faire, et que ça n’avait pas l’air bien compliqué, mais je me suis dit que ça n’était peut-être pas une brillante idée devant nos clients.

« Assez de bla-bla, a repris Alys. Si on allait voir votre garçon ? »

     

Les parents, toujours accompagnés du psy, nous ont montré la chambre de leur gosse. Ça faisait typiquement chambre d’ado, avec un bordel digne de la mienne, des posters de groupes de rock sur les murs et une télé avec une console de jeu dans un coin de la pièce.

Ce qui était moins conventionnel, c’était de voir le gamin sanglé à son lit.

« Cool, n’ai-je pas pu m’empêcher de dire. Je ne pensais pas que ça se passerait vraiment comme dans les films. »

En m’entendant, l’adolescent — ou le démon qui l’habitait s’est redressé autant qu’il le pouvait et s’est mis à hurler des choses dans une langue que je ne comprenais pas. Si c’était vraiment une langue. Ça ne m’a pas effrayée plus que ça : ce n’était pas franchement pire qu’un type qui avait trop bu à un concert punk.

« Oui, je sais, ai-je soupiré. Ma mère suce des bites en Enfer. »

Tout le monde s’est retourné vers moi avec un regard désapprobateur : le père, sans doute choqué par ma vulgarité ; la mère, qui se demandait manifestement si elle avait bien fait de nous appeler ; le psychiatre, qui devait se dire que ses craintes étaient fondées ; et même Alys, qui aurait pu faire le même genre de remarques mais aurait préféré que je m’abstienne devant nos clients.

J’en ai déduit qu’il valait mieux que je la ferme provisoirement.

« Je vois, a dit Alys sur un ton calme. Ça a dû être difficile pour vous. »

Les deux parents ont acquiescé d’un signe de tête, tandis que ma partenaire s’approchait de l’adolescent.

« Salut, a-t-elle lancé en accompagnant sa parole d’un geste amical de la main. Laurent, c’est ça ?

— Mon nom est Caacrinolas », a répondu le gamin avec une voix gutturale.

Alys a fait ce qu’elle pouvait pour cacher son sourire joyeux, mais je l’ai tout de même remarqué. Je savais ce que ça voulait dire : elle estimait qu’il s’agissait d’un réel cas de possession.

« Vous pourriez nous laisser seules dans la pièce, s’il vous plaît ? » a-t-elle gentiment demandé aux parents et au médecin.

Si les premiers ont hoché la tête et obéi docilement, le second ne semblait pas pressé de nous laisser avec le gamin.

« Écoutez, a-t-il dit à Alys alors que les parents étaient sortis. Je comprends que monsieur et madame Delese aient fait appel à vous, étant donné le manque de réponse que la médecine pouvaient leur apporter, mais...

— Ne vous en faites pas, a répondu l’exorciste à voix basse. Il ne s’agit pas réellement de sorcellerie, ou quoi que ce soit. Laurent vit probablement une crise d’adolescence difficile, et il s’est réfugié dans une fantaisie qui lui est propre. Un moyen d’attirer l’attention, un appel à l’aide, en quelque sorte. »

Le psychiatre a vigoureusement hoché la tête.

« Ce que je vais faire, c’est rentrer dans son jeu en récitant quelques incantations en latin et en agitant quelques crucifix et pentacles. Il faut qu’il sente qu’il est pris au sérieux, vous voyez ? »

Manifestement, le médecin avait toujours l’air d’approuver ce que disait mon amie.

« Vous me voyez comme une sorte de charlatan, a conclu celle-ci, mais, d’une certaine façon, nous faisons le même travail, vous et moi. Mes méthodes sont différentes, mais il s’agit aussi de psychologie, au final. »

Le laïus a rassuré le docteur, qui a fini par quitter la chambre à son tour. Alys a ensuite arboré un sourire radieux et s’est allumée une cigarette, avant de s’approcher de son « patient ».

« Ça ne te gêne pas si je fume, Caacrinolas ?

— Non, a répliqué l’adolescent, toujours avec une voix censée être démoniaque. Mais dis-moi, mortelle : es-tu comme cet homme borné qui refuse de croire ce qu’il voit pourtant ?

— Oh, non, a répliqué Alys. Je voulais juste m’en débarasser. Pourquoi est-ce que je refuserais de te croire ? Les gens qui ne sont pas vraiment possédés — et crois-moi, j’en vois un tas — se prennent en général pour Satan, ou Lucifer, des pointures. Aucun adolescent ne prétendrait être possédé par Caacrinolas, obscur démon de seconde zone. Ce serait la lose. »

Le démon de seconde zone en question n’a pas semblé apprécier le compliment, car il s’est agité et a craché à la figure de mon amie.

« Je suis le Prince des Enfers ! s’est-il mis à hurler. Le bras droit de Méphistophélès ! Je commande trente-six légions et je...

— T’as jamais été Prince, bébé, a rétorqué mon amie. Même quand Méphisto l’était encore, tu n’étais qu’un pauvre Duc, et depuis qu’il a perdu les grâces de Satan, tu n’es plus rien. N’essaie pas de te la raconter. »

Cette fois-ci, le démon n’a rien osé répondre.

« Et t’es pas obligé de prendre cette voix avec moi, a-t-elle continué. Ça va pour épater les touristes mais entre nous, ce n’est pas la peine.

— Qui es-tu ? a demandé Caacrinolas avec une voix normale.

— J’ai beaucoup de noms, a répondu mon amie avec un joyeux sourire. Lev, tu pourrais sortir le matos ? »

Le démon m’a dévisagée avec un air mauvais pendant que je sortais une épaisse pochette en cuir de mon sac en bandoulière.

« Donc, tu penses que c’est du sérieux ? ai-je demandé.

— Je crois, oui, a fait Alys sur un ton joyeux. Deux vrais cas de possession démoniaque en six mois, les affaires vont bien, en ce moment. »

Caacrinolas a poussé un soupir de lassitude.

« Tu vas essayer de m’exorciser ? a-t-il demandé. Tu crois vraiment que c’est toi qui vas gagner ?

— Non, ce n’est pas vraiment un exorcisme. Je n’aime pas les exorcismes, c’est chiant à mourir et ça prend des plombes. Techniquement, ce que je fais, c’est plutôt l’inverse. »

Le démon n’a pas eu l’air de comprendre ce qu’elle disait.

« D’accord, a soupiré Alys tandis que je lui tendais sa pochette. L’exorcisme, ça consiste à faire sortir un esprit d’un corps qu’il occupe, ce qui est long et fastidieux. La plupart du temps, quand ça marche, c’est parce que le démon préfère partir que mourir d’ennui. »

Elle a ensuite inspiré une bouffée de tabac, sans doute pour faire une pause dramatique. Après quoi, elle a sorti une seringue de la pochette.

« Ma méthode, c’est l’inverse, a-t-elle repris. Je vais plonger ce corps dans le coma, et puis je vais vous rejoindre dans les rêves, toi et le propriétaire des lieux. C’est plutôt de l’inorcisme que de l’exorcisme, quand on y pense. »

Le démon a souri, montrant toutes ses dents, ce qui aurait été plus impressionnant si le corps qui l’hébergeait n’avait pas porté un appareil dentaire.

« Et après, mortelle ? Tiens-tu vraiment à te mesurer à moi ? Tiens-tu si peu à la vie ?

— Après, a fait Alys avec un grand sourire, je vais te coller la raclée de ta vie. C’est la partie que je préfère, dans ce job. »

Caacrinolas s’est mis à ricaner doucement.

« Et qui es-tu donc pour être aussi arrogante ? a-t-il demandé.

— Alys Morningstar. Alys avec y, j’y tiens. Ça fait plus sorcière, je trouve. »

Le démon s’est soudainement arrêté de rire, et a regardé ma partenaire avec ce qui ressemblait maintenant à de l’étonnement.

« Quoi ? Tu es Alys, la fille de Lucifer ?

— Hein ? ai-je fait, ignorant cet aspect de la vie de mon amie.

— Pardon ? a-t-elle fait à son tour. La fille de Lucifer ? Où est-ce que tu es allé chercher ça, sombre crétin ? »

Elle a levé les yeux au ciel et a inspiré une nouvelle bouffée de tabac.

« D’accord, je lui ai vendu mon âme. Et j’ai beaucoup de sympathie pour elle 1, sans vouloir faire de jeu de mot avec un certain morceau de musique. Mais sa fille ? Tu rêves, bébé. C’est peut-être ma marraine, tout au plus, mais certainement pas ma mère. Par pitié, tout sauf ça. »

Ces précisions n’ont pas eu l’air de vraiment rassurer le démon, qui regardait maintenant mon amie avec une certaine crainte.

« Je suis désolé, a-t-il dit en baissant soudainement les yeux. Je ne savais pas qui vous étiez. Je vais libérer ce corps, évidemment, Mademoiselle.

— Quoi ? s’est exclamée Alys. Tu te fous de moi ? Tu ne peux pas faire ça. Ce n’est pas drôle ! Ce genre de choses, c’est la partie que je préfère dans ce taf !

— Je ne suis pas idiot, Mademoiselle. Je ne tiens pas à subir le même sort que le prince Sitri. »

D’habitude, je n’aimais pas le terme « mademoiselle », que des types un peu machos avaient un peu trop tendance à utiliser pour infantiliser ou pour draguer. Mais là, l’intonation était différente : ça sonnait un peu comme un titre de noblesse.

« Hey, pourquoi tu te focalises sur elle ? ai-je demandé, légèrement vexée. Moi, je suis Leviathan, la grande bête de l’apocalypse, ça te fout pas un peu les chocottes aussi ? »

Mais c’était trop tard : l’adolescent a secoué les yeux, comme s’il se réveillait, et nous a regardées avec un air d’incompréhension profonde.

« Qui êtes-vous ? a-t-il demandé. Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Pourquoi est-ce que je suis attaché ? »

Alys a rangé la seringue dans sa pochette, puis m’a tendue celle-ci d’un geste rageur.

« Putain de démons de merde, a-t-elle maugréé. On ne peut jamais faire confiance à ces connards. »

jeudi, décembre 22 2011

Hell B☠tches : Bain de soleil

«Bain de soleil» est une petite nouvelle située dans la série des Hell B☠tches (qui inclue notamment Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires) mettant en scène le personnage de Morgue.

Vous pouvez la télécharger en PDF ou au format HTML, ou tout simplement la lire ci-dessous.


Il est aux alentours de six heures du soir, et Morgue prend un bain de soleil, allongée dans l’herbe.

Elle est blonde, plutôt grande, avec des cheveux courts. Elle porte un pantalon noir un peu gothique, avec une chaîne et un patch qui proclame «Mess with the best, die like the rest». Aux pieds, elle a des rangers qu’elle n’a pas eu le courage de retirer, contrairement à son tee-shirt et à son soutien-gorge. Elle porte des lunettes de soleil et elle a un baladeur MP3 branchée sur les oreilles ; elle écoute du Wagner. À côté d’elle traîne une bouteille de vodka à moitié vide qui semble indiquer qu’elle est là depuis un moment.

À première vue, on pourrait penser que Morgue est une jeune femme ordinaire qui a décidé de bronzer un peu dans un parc municipal. Pourtant, lorsqu’on y regarde de plus près, on peut voir que sa vodka est légèrement colorée en rouge — elle l’a mélangée à du sang synthétique — et qu’un peu de fumée se dégage lentement de sa peau qui, malgré le ciel légèrement nuageux, commence à être sérieusement brûlée.

Morgue est une vampire et, si elle commence une sieste au soleil à six heures du soir en écoutant Wagner, c’est en partie parce qu’elle veut ne pas être sûre de se réveiller. Alors qu’elle commence à somnoler, malgré la douleur causée par les brûlures, elle repense avec nostalgie à la période désormais lointaine où elle était vivante.

Contrairement à la plupart de ses congénères, Morgue n’a pas choisi de devenir une vampire. Normalement, le processus de transformation implique des échanges sanguins durant une période assez longue, avant ce qu’elle appelle avec ironie le grand soir qui consiste à se laisser tuer par son créateur en espérant faire partie des chanceux qui reviennent à la non-vie. Ce n’est pas ce qui s’est passé pour Morgue : c’est juste qu’elle est morte il y a bien longtemps, alors qu’elle avait encore en elle le sang d’un vampire qu’elle avait tué deux jours plus tôt. Elle détestait les morts-vivants, en ce temps là, et elle en avait déjà éliminé quelques uns. Elle n’avait pas prévu que le fait d’avoir bu de son sang — censé, selon les légendes, donner force et vitalité — la conduirait à devenir l’une d’entre eux quarante-huit heures plus tard.

Toujours est-il qu’aujourd’hui, Morgue regrette l’époque où elle était humaine.

Pas pour le soleil, évidemment. Elle n’a jamais compris ces espèces de poètes maudits morts-vivants qui chérissent la lumière du jour qu’ils ne reverront jamais. Elle, de son côté, a toujours trouvé que la nuit recelait de beaucoup plus de possibilités, même si sa transformation lui a rendu le soleil intéressant. Elle aime cette sensation de brûlure, modérée au moment du crépuscule ou tellement intense au zénith qu’elle ne pourrait pas l’endurer plus de quelques minutes sans finir en cendres.

Ce soir, il y a à la fois assez de lumière pour qu’elle ressente la douleur de manière aiguë, et assez peu pour qu’elle puisse tenir plusieurs heures avant de se décomposer. Peut-être qu’elle tiendra jusqu’à la nuit ; ou peut-être pas. Quoi qu’il en soit, elle n’a pas l’intention de bouger.

Ce n’est pas non plus le besoin de sang qui fait regretter à Morgue son humanité : depuis vingt ans, il existe du substitut synthétique qui, à défaut de pouvoir être utilisé pour les transfusions, est suffisamment proche de la véritable hémoglobine pour pouvoir être assimilé par les vampires. Certes, elle trouve qu’il a un goût assez dégueulasse, mais on ne le sent pas lorsque c’est mélangé avec de la vodka.

Non, si Morgue regrette tellement de ne plus être humaine, c’est parce qu’elle a la nostalgie de cette époque où elle se sentait en vie. Elle regrette cette impression qu’elle avait de pouvoir mourir à tout moment : les accélérations de son cœur lorsqu’elle chargeait sur le sang de bataille, une épée à la main ; la montée d’adrénaline lors d’un combat à mort, lorsque l’on sait que la moindre erreur peut être fatale ; et même la peur, qu’elle a pourtant toujours essayé d’écarter de son vivant.

C’était dans ces moments, lorsqu’elle n’était qu’à un cheveu de la grande faucheuse, qu’elle avait le sentiment d’être vraiment vivante.

Maintenant, il lui semble que ce n’est plus pareil. Certes, les vampires ne sont pas aussi immortels qu’on le prétend ; un pieu dans le cœur, une bonne vieille décapitation, le feu, ou même simplement une rafale bien ciblée avec une arme à gros calibre, tout cela peut éliminer un mort-vivant de façon définitive. Et puis le soleil, évidemment, le soleil qui l’aura peut-être consumée avant que son baladeur ne lui ait passé tous ses morceaux de Wagner.

Mais ce n’est pas pareil. Oh, elle ne crache toujours pas sur un bon règlement de comptes, et elle doit admettre que l’évolution de la technologie a produit des jouets amusants dans le domaine, mais ce n’est pas la même sensation que lorsqu’elle était mortelle. Elle n’a plus les mêmes montées d’adrénaline, et son cœur ne bat plus. Même lorsqu’elle frôle la mort définitive, elle n’a plus ce sentiment magnifique de défier la faucheuse.

Même le meurtre n’est qu’un palliatif à son manque. Avant, lorsqu’elle était encore humaine, voir un ennemi agoniser lentement pouvait, à lui seul, lui procurer des orgasmes. Elle se rappelle toujours de cette sensation d’extase lorsqu’elle a tué un homme pour la première fois, alors qu’elle n’avait que treize ans. Maintenant, si elle veut prendre un peu de plaisir ainsi, elle est obligée d’en rajouter des couches dans la torture et les mutilations. Hier, elle a été obligée de découper lentement un type à la tronçonneuse, membre par membre, pour ressentir un semblant de contentement. À l’époque où elle était mortelle, le simple fait de lui couper les testicules et de le regarder se vider de son sang l’aurait envoyée au septième ciel.

Bref, Morgue repense avec nostalgie à la période où elle était vivante. Pas parce qu’elle a le sentiment d’être devenue un monstre ou d’avoir perdu toute humanité — une distinction qui lui paraît fallacieuse tant les humains ont su et savent encore se montrer monstrueux —, pas parce qu’elle est obligée de couper son substitut sanguin avec de l’alcool pour qu’il soit avalable, et encore moins parce qu’elle a la nostalgie d’un soleil indolore et insipide.

Non, Morgue regrette cette période parce qu’il y avait ces moments où elle ressentait dans toutes les cellules de son corps qu’elle était véritablement mortelle — un mot ambigu, mortel , qui désigne à la fois ce qui peut mourir et ce qui peut tuer.

Alors, allongée dans l’herbe, elle se fait lentement brûler au soleil en écoutant Wagner, sans savoir avec certitude si elle existera encore au crépuscule. Ce n’est jamais qu’un autre substitut, mais c’est toujours mieux que rien.

dimanche, décembre 11 2011

Images d'«Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires)»

Vous pouvez en ce moment retrouver les illustrations réalisées par Rose Butch pour Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires) sur son site Web : http://rose-butch.net.

En plus de l'image originale réalisée pour la couverture, vous pourez notamment y découvrir les illustrations en couleur de Cassandra (la narratrice), Morgue, Valérie et Sigkill (trois des autres protagonistes de l'histoire), pour certaines accompagnées d'extraits du roman.

Et puis évidemment d'autres illustrations, comme celles qu'elle a réalisées pour le recueil «S'lame de fond».

vendredi, octobre 21 2011

Communiqué : sortie du livre «Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires)»

Bon, je ne sais pas si c'est vraiment utile mais voilà un «communiqué» vaguement «officiel» pour la sortie d'Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires), que c'est cool si des gens ont envie de diffuser.


Lizzie Crowdagger a le plaisir de vous annoncer la sortie de son nouveau livre, Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires). Constituée de trois histoires où l'on suit le parcours de la narratrice, Cassandra, et d'un gang de lesbiennes surnaturelles, cette oeuvre mélange thématiques féministes, lesbiennes et trans, avec une intrigue fantastique.

Afin d'avancer dans son parcours transsexuel, Cassandra décide de se procurer des hormones de manière illégale, sans se douter que l'association lesbienne à laquelle elle s'adresse sert en fait de couverture à un gang de motardes surnaturelles.

Depuis sa première sortie en Harley jusqu'à sa participation à des règlements de comptes, Cassandra nous raconte son histoire. Elle parle aussi de son combat et des différents obstacles auxquels elle a dû faire face dans sa quête d'identité :

Comment obtenir des hormones et trouver un médecin compréhensif ?

Peut-on être acceptée par des lesbiennes surnaturelles lorsqu'on est une pathétique mortelle ?

Comment faire comprendre à sa mère que son fils est en fait une fille ?

Et, surtout, que faire face à une vampire bikeuse qui a envie de vous pour son quatre heures ?

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Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires) peut être commandée au prix de 12€ sur le site de l'auteure (prendre contact par mail : <crowdagger at reveries point info>) ou sur The Book Edition.

Illustrations par Rose Butch.

Extrait :

« C’est là », expliqua-t-elle.

Je me tournai et aperçus un bar plutôt voyant dont la devanture proclamait fièrement : « From L, pour les filles de la nuit ». Je trouvai étrange de ne l’avoir jamais remarqué jusqu’à ce qu’elle me le montre du doigt. Ce n’était pourtant pas un lieu discret.

« C’est là depuis longtemps ? demandai-je. Je passe dans cette rue régulièrement, et...

— Filtre perceptif, expliqua Valérie tandis qu’elle déverrouillait la porte. Ça pousse les esprits non entraînés à regarder ailleurs. Sauf si on sait ce qu’on cherche...

— Je comprends mieux l’expression « lesbienne invisible », maintenant... »

Elle me jeta un regard blasé avant de me faire entrer dans le bar.

« On est fermées aujourd’hui, dit-elle en allumant la lumière. D’habitude, l’ambiance est quand même un peu plus chaleureuse. »

Elle s’assit à une table et je la suivis, en prenant le temps de regarder la décoration. Le tout était très sombre et faisait un peu mélange entre bar gothique et hangar désaffecté : les têtes de mort et les bougies noires, ainsi qu’un impressionnant réfrigérateur relooké en cercueil, cotoyaient de gros tuyaux métalliques rouillés et des vieux barils qui servaient de tables.

« J’ai ce que tu veux », annonça-t-elle.

Elle sortit triomphalement un gros sachet en plastique de son sac à dos.

« Hormones féminines, modèle « gel à tartiner ». Rassure-toi, ça tache moins que le Nutella. »

La porte du bar s’ouvrit soudainement et une grande blonde aux cheveux courts et à l’allure de métalleuse — pantalon noir à sangles, blouson en cuir de la même couleur, croix inversée, tout y était — entra d’un pas rapide avant de refermer la porte brutalement.

Elle nous dévisagea ensuite tour à tour, s’attardant un peu trop longuement sur moi à mon goût.

« Salut, Morgue, lança Valérie.

— ’lut, Val », répondit la nouvelle venue.

Après quoi, elle se tourna à nouveau vers moi et me désigna du doigt. Je pus au passage constater qu’elle avait des ongles noirs suffisamment longs pour pouvoir prétendre au titre de griffes.

« C’est quoi, ça ? »

Valérie soupira, et je sentis le sang me monter aux joues. Je m’étais déjà fait traiter de travelo dans la journée, maintenant « ça » ? Je commençais à en avoir plus que marre.

« Vous avez un problème parce que je suis transsexuelle ? » demandai-je sur un ton agressif.

Morgue s’approcha de moi et retroussa ses lèvres, dévoilant des canines proéminentes.

« Non, j’ai un problème parce que tu es de la nourriture. Ce qui n’est pas un mal en soi, vu que j’ai méchamment la dalle. Seulement, on n’a plus le droit de manger les humains, de nos jours, quoique je suis en train de me dire que je pourrais faire une exception à mon régime. »

Valérie prit une grande inspiration et se tourna vers la vampire — cette fois-ci, je n’avais pas besoin de le demander pour n’avoir aucun doute sur le fait qu’elle en était bien une.

« Morgue, s’il te plaît...

— C’est un endroit secret ! Tu comprends ce que ça veut dire ? Ça veut dire : ne pas amener de putain d’humains !

— On n’est plus un endroit secret, protesta Valérie d’une voix calme. Nous sommes une association légale qui agit au grand jour.

— J’ai voté contre cette décision ! » cria Morgue.

Elle s’assit ensuite à côté de moi et s’intéressa de nouveau à ma personne.

« C’est quoi, ton nom ? demanda-t-elle.

— Cassandra.

— C’est un nom à chier », lâcha-t-elle, lapidaire.

Valérie lui lança un regard mauvais.

« Arrête d’être désagréable, s’il te plaît. Et puis, on était en train de discuter, toutes les deux. Tu ne veux pas nous laisser ?

— Oui, ajoutai-je. Accessoirement, dans la série « nom à chier », Morgue ? Sérieusement ? »

La vampire me regarda dans les yeux avec un air menaçant avant de me montrer ses dents une nouvelle fois.

« C’est bon, soupirai-je, j’ai compris, tu as les plus grandes canines. »

Comme pour me répondre, elle s’allongèrent encore de deux bons centimètres.

« Ouais, fit Morgue avec un sourire. Qu’est-ce que tu viens faire ici, Cassie ? »

Je lui montrai le sac avec les hormones qui traînait sur la table.

« Valérie m’aide à me procurer ce genre de choses. »

La vampire continua à sourire, et ses canines se rétractèrent pour retrouver leur taille normale.

« Alors, tu n’es pas une étudiante qui tient à faire un entretien avec une vampire pour rendre son mémoire un peu plus exotique ?

— Non, soupira Valérie.

— Juste une transsexuelle », ajoutai-je.

Morgue hocha la tête, avant de se lever.

« D’accord, je vous laisse. Je vais grailler. Si on me cherche, je suis dans le bureau. »

Elle allait partir, mais sembla hésiter. Elle me regarda finalement avec un air interrogatif.

« Ton histoire de transsexuelle, ça a quelque chose à voir avec la Transylvanie ?

— Vous ne savez pas ce qu’est une transsexuelle ? » demandai-je, étonnée.

Je réalisai après coup que j’avais pris un ton dédaigneux et que ce n’était peut-être pas la chose idéale à faire face à une vampire assoiffée.

Heureusement, Morgue se contenta de soupirer d’un air blasé.

« Bien sûr que je sais ce qu’est une transsexuelle. Tu crois que tu es la première à venir ici ? C’était simplement une façon, d’une part, de montrer mon dédain envers ces termes trop nouveaux par rapport à mon existence millénaire, et, d’autre part, de caser une anecdote croustillante racontant comment j’avais défait ce connard de Dracula. Mais apparemment, tu n’es pas intéressée par ce genre de choses, alors je laisse tomber. »

Elle commença à s’écarter, puis se tourna une nouvelle fois vers moi en se passant la langue sur les lèvres.

« Oh, et pense à lui filer de la progestérone, aussi. Ça donne ce petit arrière-goût au sang. »

dimanche, octobre 16 2011

Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires)

Afin d'avancer dans son parcours transsexuel, Cassandra décide de se procurer des hormones de manière illégale, sans se douter que l'association lesbienne à laquelle elle s'adresse sert en fait de couverture à un gang de motardes surnaturelles.

Depuis sa première sortie en Harley jusqu'à sa participation à des règlements de comptes, Cassandra nous raconte son histoire. Elle parle aussi de son combat et des différents obstacles auxquels elle a dû faire face dans sa quête d'identité :

Comment obtenir des hormones et trouver un médecin compréhensif ?

Peut-on être acceptée par des lesbiennes surnaturelles lorsqu'on est une pathétique mortelle ?

Comment faire comprendre à sa mère que son fils est en fait une fille ?

Et, surtout, que faire face à une vampire bikeuse qui a envie de vous pour son quatre heures ?

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Constituée de trois histoires où l'on suit le parcours de la narratrice, Cassandra, et d'un gang de lesbiennes surnaturelles, cette oeuvre mélange thématiques féministes, lesbiennes et trans, avec une intrigue fantastique.

Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires) est disponible à la vente en version papier (format poche, 11x17cm, 261 pages) au prix de 12€, soit sur le site de l'imprimeur, TheBookEdition, soit directement via l'auteure (prendre contact par mail : <crowdagger at reveries point info>, paiement par chèque ou PayPal).

Illustrations par Rose Butch.

dimanche, octobre 9 2011

Trailer : Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires)

Sortie prévue le 20 octobre 2011, plus d'informations dans les jours à venir.

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Afin d'avancer dans son parcours transsexuel, Cassandra décide de se procurer des hormones de manière illégale, sans se douter que l'association lesbienne à laquelle elle s'adresse sert en fait de couverture à un gang de motardes surnaturelles.

Depuis sa première sortie en Harley jusqu'à sa participation à des règlements de comptes, Cassandra nous raconte son histoire. Elle parle aussi de son combat et des différents obstacles auxquels elle a dû faire face dans sa quête d'identité :

Comment obtenir des hormones et trouver un médecin compréhensif ?

Peut-on être acceptée par des lesbiennes surnaturelles lorsqu'on est une pathétique mortelle ?

Comment faire comprendre à sa mère que son fils est en fait une fille ?

Et, surtout, que faire face à une vampire bikeuse qui a envie de vous pour son quatre heures ?

lundi, août 15 2011

Nouveau pseudonyme, nouveau design

Voilà, comme vous l'avez peut-être remarqué si vous suivez cette page régulièrement, j'ai changé un peu le look. C'est encore un travail en cours et j'aimerais bien apporter plus de modifications dans les prochains jours, mais la CSS (feuille de style) me donne un peu de fil à retordre.

Comme vous l'avez aussi peut-être remarqué, j'ai aussi changé de pseudo pour ce site, ou, plus exactement, j'ai décidé d'en utiliser un (c'est Lizzie Crowdagger, au fait, si vous avez pas vu). Il y a plusieurs raisons pour cela :

  • comme j'ai envie de plutôt écrire des textes à thématiques fortement LGBT (enfin, surtout lesbienne, et un peu trans), et comme j'envisage aussi de devoir trouver un emploi, je ne suis pas super confortable à l'idée que ce soit la première chose qu'un recruteur voit en cherchant mon nom sur Google ;
  • je trouvais mon "Vrai Nom" approprié pour les textes de Fantasy, mais pour de la Bit-Lit, allez savoir pourquoi, ça me plaisait moins ;
  • un peu de changement de temps en temps, ça ne fait pas de mal.

Voià, pour l'instant les anciens textes restent publiés sous le nom d'Élisabeth Henry (ou autre pseudo quand j'en ai utilisé), je ne sais pas trop si je vais essayer de changer ça dans le futur, mais en tout cas les plus récents seront publiés sous le nom de Lizzie Crowdagger.

Désolée pour la confusion, et à bientôt pour des nouveautés !

samedi, janvier 1 2011

Révolution avec un vampire

Alors que, dehors, la révolte gronde, le journaliste John interroge la vampire Léna sur son parcours. Elle parle de sa transformation dans un monde où vampires comme marginaux sont chassés des villes, ainsi que de sa rencontre avec Éléonore Trotsky, leader de la révolution en cours.

Révolution avec un vampire est une nouvelle de science-fiction, que vous pouvez :

mardi, novembre 30 2010

Noir & Blanc

Pour sa première enquête sur un meurtre, Mélanie est servie.

Non seulement son amie (ou était-ce ennemie ?) d'enfance est apparemment impliquée dans cette sombre histoire, mais en plus il ne s'agit jpas d'un évènement isolé.

Mais le plus gênant, c'est que «Lumière Blanche», secte vouée à l'élimination des démons et autres créatures maudites, a décidé de reprendre l'affaire en main pour faire le ménage.

Son enquête va mener Mélanie plus loin qu'elle ne l'aurait pensé et qu'elle ne l'aurait voulu.


Ce texte est téléchargeable gratuitement sur ce site :


Noir & Blanc est le premier roman (ou, techniquement, plutôt une novella) que j'ai écrit en 2001, et complétement réécrit en 2004. Ce roman est diffusé sous Licence Art Libre, ce qui implique que vous pouvez le modifier et le rediffuser à votre guise.

mercredi, septembre 29 2010

Sources LaTeX de Pas tout à fait des hommes

Un peu en retard, et dans une optique «logiciel libre», j'ai mis en ligne les fichiers sources (c'est-à-dire sur lesquels je travaille) du roman Pas tout à fait des hommes, sous Licence Art Libre.

C'est au format LaTeX, qui permet de produire des résultats plutôt professionnels mais n'est pas forcément évident à aborder lorsque l'on ne maîtrise pas. À réserver donc aux personnes initiées (ou qui veulent voir simplement à quoi ça peut ressembler).

Pour celles et ceux qui voudraient simplement découvrir le roman (c'est-à-dire le lire), je rappelle qu'il peut être :

Si des personnes sont intéressées par écrire des textes (nouvelles ou romans) en utilisant les classes LaTeX que j'ai utilisées, elles sont disponibles dans le répertoire "global", ou peuvent être téléchargées séparément ici :

Les deux premiers définissent des classes, respectivement «livre» et «nouvelle», chacune utilisant (de manière légèrement différente, notamment au niveau de la page de titre) le style «texte.sty».

L'intérêt de ce dernier est d'ajouter quelques commandes, notamment pour les dialogues, des séparateurs dans les chapitres (les «***») qui ne correspondent pas tout à fait techniquement à des sections, une manière de mettre des citations en début de chapitre, de différencier des morceaux de textes (par exemple pour des flashbacks), etc.

Rien de bien révolutionnaire, mais ça peut éventuellement être utile à des gens, donc voilà.

lundi, septembre 6 2010

Sortie du roman de fantasy «Pas tout à fait des hommes»

J'ai le plaisir de vous annoncer que Pas tout à fait des hommes est enfin disponible en version papier et peut être commandé sur ILV Édition au prix de 15€ (il est, par ailleurs, évidemment toujours téléchargeable gratuitement sur ce site) et devrait rapidement pouvoir être acheté sur d'autres sites de vente par correspondance ou commandé en librairie.

Du coup, pour me la jouer vaguement professionnelle, voici un pseudo-communiqué que vous pouvez faire circuler si vous en avez l'envie :


Sortie du roman «Pas tout à fait des hommes», d'Élisabeth Henry.

«Pas tout à fait des hommes», le premier roman publié d'Élisabeth Henry, est disponible dès maintenant.

Se situant dans un univers médiéval fantastique, ce roman raconte l'histoire de l'elfe Kalia qui, après sa rencontre avec la voleuse démoniaque Axelle, va voir sa vie chamboulée et devra composer avec, en vrac, des orcs révolutionnaires, un vampire schizophrène, une épée sacrée, une prophétie obscure et une multitude d'autres choses potentiellement mortelles.

«Pas tout à fait des hommes» est disponible à la vente et peut notamment être commandé sur le site de l'éditeur, ILV Édition, au prix de 15 euros. Une version électronique est également téléchargeable gratuitement.

Élisabeth Henry est née en 1983 et vit actuellement à Lille. Pour son premier roman publié en auto-édition, elle mêle humour, aventure et amour lesbien sur fond de complots et de révolution.

Liens :

Contact: Élisabeth Henry - elly at reveries.info

mercredi, août 25 2010

Pas tout à fait des hommes

Kalia, la seule elfe de la ville à travailler dans la garde, se contente d'ordinaire d'essayer de survivre et d'éviter les ennuis...

Du moins, jusqu'au jour où elle rencontre Axelle, une voleuse démoniaque qui va bouleverser sa vie. endr.png

Avant de réaliser ce qui lui arrive, Kalia va se retrouver confrontée à des orcs révolutionnaires, des nains remontés, un général belliqueux, un vampire schizophrène, une prophétie obscure, une épée sacrée, un Élu au coeur pur, ainsi qu'une multitude d'autres choses potentiellement mortelles mais au nom moins impressionnant.

Pas tout à fait des hommes est désormais disponible en version papier et peut notamment être commandé sur ILV Éditions pour le prix de 15€.

Ce roman est également disponible gratuitement :

Pas tout à fait des hommes a été publié pour la première fois sous forme de feuilleton en 2006 (sous le nom «Elfe noire et démon rouge»), et est enfin disponible dans sa version définitive.

Ce roman est diffusé sous Licence Art Libre, ce qui implique que vous pouvez le modifier et le rediffuser à votre guise. Voir Pourquoi une licence libre pour un roman ? pour une petite discussion sur les raisons de ce choix. Les fichiers sources (LaTeX) utilisés pour la création du roman sont disponibles ici.

Un certain nombre de nouvelles se déroulent dans le même univers, Erekh, notamment Sortir du cercueil (qui, chronologiquement, se situe avant le déroulement de ce roman).

Pourquoi une licence libre pour un roman ?

J'ai fait, au moment de sa publication, le choix de publier Pas tout à fait des hommes sous une licence libre, tout comme je l'avais fait pour un certain nombre d'autres textes auparavant.

Il s'agit en l'occurrence de la Licence Art Libre, qui permet notamment à n'importe qui de rediffuser le texte et éventuellement d'y apporter des modifications, y compris de façon payante, à condition que le texte qui en résulte soit toujours sous cette même licence.

Si les licences libres sont assez répandus dans le domaine du logiciel, il me semble que c'est moins le cas dans le cadre des textes de fiction, et que la question ne se pose pas de la même manière.

En effet, si la question de donner ou pasla permission de redistribuer une oeuvre se pose à peu près de la même façon pour les logiciels et les romans (c'est-à-dire, de façon sommaire : est-ce que je veux que mon oeuvre soit distribuée au maximum de personne, ou est-ce que j'estime que cette diffusion non contrôlée et potentiellement gratuite va nuire aux bénéfices financiers que je pourrais en tirer ?), il me semble que la question de la pertinence de permettre ou pas des modifications à un texte ne se pose pas de la même façon que pour un logiciel.

En effet, un logiciel peut être développé par un nombre conséquent de personnes, alors qu'un roman va rarement être écrit à plus d'une ou deux personnes. De plus, s'il est relativement facile (pour quelqu'un qui sait programmer) d'ajouter une fonctionnalité à un logiciel et ainsi de l'améliorer, il me paraît plus compliqué d'ajouter un chapitre au milieu d'un roman écrit par un autre auteur en arrivant à l'intégrer à l'oeuvre et sans la rendre bancale.

De façon pragmatique : concrètement, il y a des tas de personnes qui, tous les jours, modifient un logiciel existant pour qu'il corresponde mieux à leur usage. À l'inverse, je n'ai pas d'exemple sous la main de roman écrit et publié par un auteur et modifié ensuite par un autre pour correspondre à ce qu'il souhaitait.

En revanche, quelque chose qui existe dans le domaine des oeuvres de fiction, c'est le fait d'écrire une oeuvre complètement nouvelle en réutilisant des personnages, des univers, des codes écrits par d'autres. On retrouve cela par exemple dans la fanfiction, où des amateurs d'un univers (Buffy, Doctor Who, Harry Potter, le Seigneur des Anneaux, etc.) écrivent et partagent plus ou moins légalement des histoires se déroulant dans cet univers. C'est aussi le cas dans n'importe quel adaptation d'un roman, ou n'importe quel remake, et c'est quelque chose qui s'est pratiqué depuis des siècles

C'est notamment pourquoi j'ai choisi une licence libre pour Pas tout à fait des hommes ; non pas parce que j'ai la présomption de croire que moi, modeste auteure amatrice éditée à quelques exemplaires, ai beaucoup de chance de déclencher une vague de fanfictions basée sur mon univers, mais parce qu'il me semble que ce genre de modifications est quelque chose d'utile à la littérature.

Il me semble que les autorisations pour ce genre d'«oeuvres dérivées» ne sont pas véritablement prises en charge par les licences libres classiques (il n'y a pas à ma connaissance de licence «Creative Common» n'autorisant pas à reprendre le texte d'une oeuvre pour le modifier mais permettant de créer une oeuvre entièrement nouvelle basée sur le même univers). Je trouve cela un peu dommage car il me semble que cela n'a pas les mêmes conséquences, notamment lorsque l'on souhaite qu'un texte soit édité, et en tant qu'auteure je dois dire que ce type de licence «intermédiaire» me manque un peu.

Jolies godasses

Jolies godasses est une nouvelle érotique et humoristique racontant la rencontre foudroyante entre deux gouines, l'une trans et l'autre transphobe.

Vous pouvez lire cette nouvelle :

vendredi, juin 11 2010

Enfants de Mars et de Vénus

Enfants de Mars et de Vénus est un roman policier fantastique publié en feuilleton, à raison de deux épisodes par semaine (lundi et jeudi).

Au départ, quand Lev se retrouve avec une jolie blonde dans son lit, elle est plutôt contente.

Manque de pot, ensuite, tout va de travers : non seulement elle apprend que la fille avec qui elle vient de coucher est une transsexuelle non opérée, mais il se trouve qu'en plus elle est suspectée d'être une tueuse en série.

Du jour au lendemain, Lev se retrouve alors recherchée par les forces de Police, une secte occulte, des skinheads nazis et des cauchemars bizarres.

Et à force de la chercher, ils risquent bien de la trouver.

Enfants de Mars et de Vénus est actuellement en cours de publication, à raison de deux épisodes par semaine, sur le site qui lui est consacré : http://enfants-terribles.net.

Sortir du cercueil

William, un jeune peintre, fait le voyage vers un château isolé et lugubre de Transye Vanille, où il doit y dresser le portrait de la fille d'un comte.

Il va alors réaliser que les occupants du château cachent un terrible secret...

Sortir du cercueil est une nouvelle de fantasy, que vous pouvez :

vendredi, février 19 2010

Créatures de rêve

Alys, une jeune femme presque ordinaire, se dirige vers un petit village abandonné dans lequel elle est censée avoir vécue. Elle espère pouvoir ainsi se remémorer un passé oublié.

Mais les choses ne se passent jamais comme prévues et elle va rapidement être confrontée à un véritable cauchemar. Ou bien c'est le cauchemar qui va être confrontée à elle, question de point de vue.

Créatures de Rêve est une longue nouvelle fantastique, téléchargeable gratuitement :

Ignominieuses Travelottes

Ignominieuses Travelottes est un petit recueil «Do It Yourself» de nouvelles, centré sur le thème de la transidentité féminine, avec l'idée de présenter des fictions sortant un peu du schéma classique de celles qui présentent habituellement des personnages trans (qui sont soit des victimes, soit des monstres, mais, dans tous les cas, meurent en général avant la fin de l'histoire).

Ignominieuses Travelottes est téléchargeable gratuitement en version PDF :

inglourious.png

Ignominieuses Travelottes contient les textes suivants :

  • Qualités essentielles
  • Joyeux Noël Hétérosexiste
  • On passe mieux en étant à l'aise
  • Chez le psy
  • Rencontre du troisième genre
  • Dans le bon genre
  • Putain de bonne soirée
  • Mais
  • Pas une vraie fâme
  • L'infiltrée

dimanche, novembre 29 2009

Nouveau site pour Rêveries.info

Après quelques années sans grand changement sur ce site, j'ai décidé enfin de passer à l'ère moderne et d'abandonner les pages statiques pour l'utilisation d'un système basé sur un blog (Dotclear) qui permettra, en plus de lister les nouvelles et romans que j'ai écrits (ce qui est tout de même le but essentiel de ce site) de publier plus régulièrement des infos, mais aussi des extraits de nouvelles ou de romans en cours, ou encore un roman en feuilleton qui devrait voir le jour sous peu.

J'espère que ça contribuera à redonner un peu de vie à ce site qui étais, je dois le dire, un peu abandonné au profit de mon blog Rangers & Bas résille, afin de pouvoir permettre à des personnes qui sont intéressées par mes écrits de fiction, et pas forcément par tout le reste de ma vie, de suivre ce que je fais.

Actuellement c'est encore un peu le chantier ; pour l'instant, il est toujours possible d'accéder à la vieille page d'accueil, tandis que certains liens du site actuel pointent vers l'ancien site. Je mettrai un peu d'ordre d'ici peu, promis.

Voilà, donc bienvenue sur le nouveau Rêveries.info !